La bigorexie en quelques mots 2/2.

Publié le par Thierry

Comment se rendre compte si une personne qui pratique un sport intensif est à un stade de compulsion

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Quand une personne qui menait jusqu'ici une vie normale est atteinte de bigorexie, elle va changer de vie. Sa vie va finir par tourner uniquement autour du sport : par exemple, les loisirs deviennent quasiment uniquement tournés vers la pratique sportive. Tout le temps est organisé autour du sport, tout passe après le sport, même pour un non professionnel qui planifie ses autres activités de manière à libérer du temps pour son entraînement. 

Alors, faut-il soigner cette « maladie » ? Peut-être, mais attention! Cette addiction a aussi des effets très positifs. Au-delà de l'évidence que le sport est bon pour la santé, la pratique intensive peut jouer le rôle d'un anesthésiant émotionnel et bloquer la résurgence d'importantes douleurs psychiques. Ainsi, certaines dépressions sont-elles contenues, masquées par cette pratique sportive. D'autre part, un nombre non négligeable des « bigorexiques » a en fait remplacé une addiction plus grave (substance psychogène, alcool, etc.) par l'addiction au sport, ce qui est un moindre mal. On peut alors considérer que cette addiction est une solution pas totalement satisfaisante à un problème sous-jacent.

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Cela dit, l'idéal serait bien sûr d'être capable de vivre sans addiction en sachant profiter du plaisir du sport. Cependant, chez les personnes dont la conduite compulsive a des conséquences très néfastes sur leur vie personnelle et relationnelle, une psychothérapie semble incontournable.

Réf: « Corps, sport et dépendance » de Stéphane Abadie, un article paru dans l'excellente revue Cerveau et psycho de juillet-août 2007. « L'addiction à l'exercice physique » de Dan Véléa, Docteur en médecine, Centre médical Marmottan, Paris 75017, dans la revue Psychotropes - Vol. 8 nos 3-4.

 

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S
<br /> D'ailleurs, des ex-fumeurs ou adeptes d'autres addictions  deviennent souvent des bigorexiques (?) à l'arrêt de leur dépendance précédente. Y a-t-il donc un profil addictif (comportemental,<br /> génétique, autre ?°. Je crois que les scientifiques cherchent et sont partagés. Merci Thierry pour ces articles.<br />
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T
<br /> <br /> C'est vrai, c'est souvent le cas.<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> très intéressant;continue à nous mettre des articles de ce style.<br />
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