Bilan du 24H Louise et Jouan

Publié le par Christophe BARRET

Fêt Kaf, 20 décembre 2011 à Saint Paul de La Réunion.

     En préalable à ce bilan, je rappelle que la 1ère édition à La Réunion, date de 2010. Qu’à ce moment-là, lorsque j’ai demandé à Michel JOURDAN de m’accompagner et de me soutenir dans cette action, il m’a demandé le nom que je souhaitais donner à mon action, aussitôt je lui ai proposé celui là :
                                                   LOUISE ET JOUAN.
Ces deux noms me sont venu tout de suite, parce qu’ils sont révélateurs de pugnacité, de résistance dans la révolte contre un système inhumain, même lorsque ce système est validé et encouragé par toutes les autorités, y compris les plus hautes.

      Que par ailleurs, ces 2 noms sont aussi symboles d’amour, d’amour de l’autre, mais aussi d’amour de la liberté, ce qui peut motiver les combats les plus fous, (à la suite de ce bilan: un résumé de l’histoire de LOUISE et JOUAN).

      Que le 22 décembre 2000, lorsque le maire de St Paul de La Réunion: Alain BENARD, débaptisa la Route Desbassyns traversant le Guillaume (route sur laquelle j’habitais depuis une dizaine d’années), pour la rebaptiser : RUE LOUISE ET JOUAN, sur la demande insistante de l’association Rasine Kaf, dont j’étais un membre actif, ce fut pour nous une victoire sans précédent. Avec le recul, ce fut aussi pour la société guillaumoise et réunionnaise une victoire contribuant à l’acceptation de notre histoire dans ses aspects les plus sombres et niés jusqu’alors.

      J’espère que cette action conjuguant le sport, la poésie et la commémoration de l’abolition de l’esclavage vivra aussi longtemps que je tiendrais sur mes jambes voire plus.

     Merci à Franswa TIBERE de m’avoir rappelé d’apporter des précisions quant au nom donné à cette manifestation.

      Merci à toutes les associations qui ont relayé l’information auprès de leurs adhérents et sympathisants : ESPIEGLE et ZAZAKEL du Guillaume, RASINE KAF de ST Paul, le KLE, ANKRAKE, l’ARNC Oté La Réunion (de Nouvelle Calédonie).

     Merci aussi à tous ceux qui sont intervenus pour dire des textes ou intervenir d’une autre façon, donnant à ces 24 une dimension plus collective qu’elle ne l’était au départ.

En deuxième préalable, je vous souhaite à tous

           Une bonne et heureuse année 2012

Qu’elle nous permette à tous de réaliser nos projets

Aussi petits soient-ils si insensés puissent-ils être

Que chacun de nous, de son histoire en soit fier

Et de sa vie en reste maître,

Puis, là où il se trouve, se laisse emporter par un vent favorable

Vent, qui fera peut-être de nous, des hommes pluie, des hommes semence, des hommes vent

Vent survolant routes et monts, volcans et océans,

Vents ondulant les savanes et vents bruissants des forêts ou ronflant sur les flots

Vents indianocéaniques, caraibéens et océaniens, d’Autan ou d’Harmattan

Vents cinglant les détrousseurs de parole

Vents fouettant les ravisseurs de mots

Vent intimant à tous, l'ordre de restituer ces butins.

 

      Pour cette année 2011, je suis arrivé à La Réunion le 10 décembre. J’ai donc eu le temps, contrairement à l’année 2010 de préparer cette épreuve de 24 H. Et puis, mon corps aura eu le temps de se mettre au diapason du climat et de l’hygrométrie de La Réunion. Même si ce climat a brusquement changé au soir du 19 décembre, se transformant presque en tempête tropicale avec des trombes d’eau de 18h30 à 23H. Ce qui a amené les autorités à supprimer nombre de festivités prévues pour la fêt kaf le lendemain, 20 décembre.

Pour ma part, plusieurs personnes m’ont demandé s j’étais aussi dans la perspective d’annuler. Je tenais à maintenir mon opération et suis donc allé sur place dès 23H30 pour y attendre le moment du départ à 0H.

      Dès lors, le 23 décembre, vers minuit, la pluie s’est arrêtée à St PAUL, et j’ai commencé à courir.

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      Sachant que ce serait un long travail de patience, qu’à partir du 1er pas, du 1er km, puis du 1er tour ce serait autant de moins à faire et autant qui me mènerait inéluctablement, au terme de cet engagement.

Bien évidemment, le taux d’humidité était très important, le tour des roches était légèrement inondé à plusieurs endroits. La petite équipe du départ : Serges BOYER et moi-même à pied avec Michel JOURDAN notre suiveur (en auto) auront tenu les 3 à 4 premiers tours sans relève aucune. Un certain nombre de personnes ayant pensé que j’aurais pu annuler la prestation.

      Mais petit à petit, autour du 5ème tour, soit à plus de 70km, les copains, les copines et d’autres personnes informées de l’événement, sont arrivés et sont venus mettre un peu d’animation autour de moi, d’autres sont restés au Mémorial où mes enfants Lucie (arrivée la veille de France) et Sibylle ainsi que leur maman Danielle, et d’autres personnes ont mis en place l’arbre à parole, dont chaque feuille contenait une phrase d’un texte de : Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE, Léon Gontran DAMAS , René DEPESTRE, DIOP, Guy TYROLIEN ou encore LECONTE DE LISLE que je me proposais de dire tout au long de la journée. Au fur et à mesure, la petite équipe s’est étoffée. C’est donc avec les mots somptueux de ces grands hommes que j’ai voulu faire vivre ce MEMORIAL de Saint Paul en ce jour du 20 décembre 2011. Dans ce lieux des jardins de la mémoire autour du débarcadère, haut lieu de notre histoire et de notre mémoire.

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      Cette longue longue journée, à courir puis à marcher, telle l’aiguille autour du cadran de l’horloge , fut une épreuve -  une épreuve parfois douloureuse certes, mais aussi avec des moments, non pas d’extase, mais de bien-être, de plénitude.

     Longue journée à parcourir 8,5 fois le tour de Saint Paul, parcourant 130 Km. Longue journée à constamment surveiller le niveau de l’effort, l’alimentation, l’hydratation corporelle, (ce ne fut pas moins de 24 l d’eau ingurgitée). Longue journée à pister les petits bobos qui peuvent se faire jour ici ou là. Et, pour ne pas avoir à les gérer, ne pas leur permettre de poindre. Longue journée à surveiller son corps dans toutes ses dimensions dans tous ses rythmes, en accepter les fluctuations, mais se garder de se laisser aller aux moments d’euphorie, tout comme ne pas se laisser abattre lorsque l’organisme s’adonne (à la digestion par exemple), là, être dans le laisser faire. Rafraîchir l’organisme autant que faire se peut, ce fut alors facile, le site de l’ancien moulin à eau offrait une eau ô combien fraîche. Ce fut aussi 2 paires de savates usées jusqu’à la trame, une 3ème paire pour les derniers km n’eut pas été de trop.

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      Certes les 2 objectifs fixés n’ont pas été atteints: parcourir 150 Km, je n’en ai parcouru que 130, et tenir 24H, ce qui fût fait jusqu’au bout. Il y a eu tout de même le plaisir de participer à cet acte commémoratif, une façon de dire merci à ceux d’avant, d’avoir enduré tout ce qu’ils ont eu à subir, pour que maintenant, nous puissions jouir d’une si grande liberté.

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      A 1 mois de cette opération, me voilà de nouveau en préparation pour une autre épreuve :

Le tour de Nouvelle Calédonie : 2 000 km, à parcourir pendant 40 jours à partir du 10 mai 2012.

 

     Pour suivre le résumé de l'histoire de LOUISE et JOUAN, cliquez sur le lien. 

Publié dans Chronique de course

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